Iter, dispositif évolutif et sonore, 2012

« Marcher [est] le moyen privilégié pour écouter le monde, y prêter attention, parce que se déplacer est aussi une façon de se mettre à entendre. »[1]

iter

Iter est un dispositif évolutif et sonore généré par mes récits écrits lors d’un voyage au Brésil, pays qui m’était alors complètement inconnu.

Dans un premier temps, ma démarche s’est concentrée sur le terrain et a consisté à écrire, chaque jour, les récits de ce que je percevais autour de moi. Pendant une dizaine de jours, durée de mon voyage, j’ai donc observé et noté mes sensations olfactives, auditives, gustatives, tactiles et visuelles. Ces récits décrivent ma vision, ma lecture subjective de ce nouveau territoire, que j’appréhendais et découvrais au fur et à mesure de mes déplacements. Je capturais, à l’aide d’un enregistreur, les bruits, les sons, les conversations, la musique qui se déployaient dans ces espaces.

Ces traces sonores et écrites font l’objet d’une installation combinant à la fois une projection et une bande-son, actualisée chaque jour. De ces récits résulte une cartographie abstraite faisant figurer les mots-clés par des points. Actualisée chaque jour durant l’exposition, l’installation évoluait au fil de mes déambulations et de mes observations.  Il ne s’agissant donc plus pour le spectateur de me localiser avec la carte mais d’observer et de parcourir les mots issus de mes observations de voyage. Ces espaces traversés donnent alors lieu à des situations fantasmées, imaginées et recombinées par le spectateur explorant la carte.


[1] T. Davila, Marcher, Créer, Déplacements, flâneries, dérives dans l’art de la fin du XXe siècle, Paris, Editions du Regard, 2002, p. 16.